Camp scouts à La Roche: le Conseil d’Etat suspend l’arrêté du bourgmestre!

Les scouts ont quitté Samrée, mercredi sur le coup de 16h.
Les scouts ont quitté Samrée, mercredi sur le coup de 16h. - D.R/Illustration

Incivilités en tout genre, bagarre, non-respect des règles, nuisances sonores... Trop, c’est trop ! Mardi après-midi, le bourgmestre de La Roche-en-Ardenne a décidé qu’il était temps de passer à l’action. Via un arrêté communal, Guy Gilloteaux a donné 24 heures aux 240 scouts de la troupe de Willebroek (Anvers) pour faire leur paquetage et quitter la prairie de Samrée dans laquelle ils s’étaient installés. Tout ce petit monde avait jusqu’à mercredi 16 heures pour quitter le territoire communal ! Mais les scouts n’ont pas dit leur dernier mot et ont été jusqu’au Conseil d’Etat.

Trop de bienveillance

Il y a une semaine d’ici, la commune de La Roche-en-Ardenne avait déployé les gros moyens pour retrouver les trois scouts de Flawinne, dont la troupe avait déployé ses tentes à Cielle, perdus dans la nature. La bienveillance de tous avait permis d’obtenir une issue heureuse à cette disparition. Et de bienveillance, il en est encore question dans les faits qui ont secoué la tranquillité des citoyens de La Roche... « Cette troupe de scouts venue de Willebroek n’avait pas d’endroit où venir camper. Au départ, leur camp devait se dérouler dans la commune de Hotton. Visiblement, il n’y avait plus de place disponible... Les scouts ont alors cherché une solution dans la région. Nous avons décidé de leur venir en aide en mettant à leur disposition une prairie située dans le village de Samrée. Avec le recul, je me dis que nous n’aurions pas dû faire preuve de bienveillance...», regrette Guy Gilloteaux.

De nombreuses incivilités

Et le bourgmestre rochois a de quoi être désabusé tant les scouts venus de Flandre n’ont cessé de cumuler les incivilités depuis leur arrivée sur le territoire communal. Jugez plutôt ! « Tout d’abord, il y avait un manque d’hygiène flagrant dans ce camp : les scouts allaient se soulager dans la propriété d’une agricultrice qui jouxtait le camp. Elle a d’ailleurs retrouvé des excréments un peu partout ... Ensuite, nous avons eu plusieurs plaintes pour tapage nocturne : la musique allait parfois jusque trois heures du matin ! Ces scouts ont également provoqué une bagarre dans une friterie de la commune. Certains membres de la troupe se sont introduits illégalement sur des propriétés. Ces faits sont confirmés par la police qui a encore été obligée d’intervenir la nuit de mardi à mercredi. Enfin, nous reprochons également à ces scouts d’avoir allumé des feux alors que cela est formellement interdit en période de sécheresse ! », développe Guy Gilloteaux.

L’ordre d’évacuation contesté

Mardi à 18 heures, les autorités communales ont rencontré une délégation du camp scout basé à Samrée pour leur faire part de leurs doléances. « Cette réunion a servi à motiver l’arrêté communal d’expulsion que je venais de prendre. À mon grand étonnement, les scouts présents ont vraiment eu des difficultés à accepter cet ordre d’évacuation. Ils l’ont contesté même ! Selon eux, ils n’étaient pas au courant qu’ils y avaient des règles à respecter (sic). Or, dans notre commune, nous avons deux personnes qui sont chargées de faire le tour des camps pour expliquer les différentes règles en vigueur. Ils avaient donc été prévenus », termine le bourgmestre de La Roche.

Les scouts de Willebroek avaient donc, de base, jusque mercredi 16 heures pour débarrasser le plancher. Seule une vingtaine d’entre eux était autorisée à rester sur place jusque samedi afin de démonter le camp.

Recours en Conseil d’Etat

Mais l’affaire ne s’est pas arrêtée là. Loin de s’avouer vaincue, une fédération de mouvements de jeunesse flamande a introduit un recours en extrême urgence en Conseil d’Etat considérant que les jeunes n’avaient pas été mis au courant des risques d’expulsion et qu’ils n’avaient pas eu l’occasion de se défendre.

Suite à cette audience, le Conseil d’Etat a décidé de suspendre l’arrêté du bourgmestre. Les scouts peuvent donc rester dans le champ ! « Le Conseil d'Etat a fait fî des droits de la défense dans le cadre de la présente procédure en suspension en m'informant à 15h17 de la fixation d'une audience à 16h, en parfaite connaissance de l'impossibilité de m'y rendre puisque l'objet même de la suspension visait une décision précisant "Bourgmestre de La Roche-en-Ardenne". », a écrit Guy Guilloteaux suite à la nouvelle tombée vers 21h20. « Les moyens de défense des requérants ont pu être exposés en l'espèce dans le cadre de la procédure administrative visée par l'arrêt de suspension. Cela ressort de la motivation de la décision. En effet, les représentants des scouts ont été entendus successivement par la police locale (procès-verbaux) et ensuite dans le cadre de la procédure administrative par le fonctionnaire sanctionnateur communal et ensuite par moi-même, en qualité de Bourgmestre, en présence de la Directrice générale et de policiers. Je ne manquerai pas de répercuter l'ensemble de ces éléments au Ministre de la Justice ainsi qu'au Conseil Supérieur », a-t-il conclu.

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