Seize ans plus tard, Villarreal rêve de sa finale à Paris (vidéo)

Vidéo
Le penalty de Juan Roman Riquelme, arrêté par Jens Lehmann, en 2006.
Le penalty de Juan Roman Riquelme, arrêté par Jens Lehmann, en 2006. - Isopix

Deux tirs cadrés, deux buts. Deux coups de froid qui ont suffi à geler toute la Bavière, estomaquée de voir son Bayern tomber sous la double torpille du sous-marin jaune. Sans pitié, Villarreal n’aura même pas donné un seul coup de semonce. Son efficacité extrême a forgé son exploit pour le mener dans le dernier carré de la Ligue des champions, comme en 2006, et a presque dégoûté ceux qui célèbrent le football de Guardiola et de… Klopp.

Mais les plus anciens se souviendront qu’il y a seize ans, les Amarillos avaient usé des mêmes ingrédients pour atteindre, lors de leur première participation à la plus belles des compétitions, le « Final Four ». Mieux, la machine était même encore plus destructrice. « La nomination de Manuel Pellegrini (NDLR : au poste d’entraîneur) fut fondamentale, car elle a changé notre mentalité et notre façon de travailler. L’équilibre de l’équipe était parfait, entre l’attaque et la défense », se rappelle Josico, qui a disputé plus de 200 matches avec Villarreal entre 2002 et 2008. N’en déplaise à l’ancien milieu défensif, c’est surtout le secteur défensif qui faisait des merveilles à l’époque : premier de sa poule avec dix points, devant Manchester United, Lille et Benfica, le club valencian n’avait marqué que… trois buts en six matches. Mais n’en avait encaissé qu’un seul !

Tombeur des Rangers puis de l’Inter au bout d’affrontements accrochés, décidés par la règle du but à l’extérieur, Villarreal avait donc rejoint les demi-finales avec une confiance totale en ses principes de jeu. Peu glorieux, certes, mais après tout, même avec des joueurs de grande classe dans son noyau (Riquelme, Forlan, Senna…), le petit club d’un gros « village » de moins de 50.000 habitants se devait de rivaliser avec ses moyens. Après la courte défaite du match aller à Highbury (1-0), « nous étions convaincus de gagner contre Arsenal », raconte Diego Forlan, toujours aussi amoureux d’El Madrigal, un volcan jaune, cette étroite enceinte qui a tant perturbé des adversaires peu avisés.

Riquelme, héros malheureux

Le buteur uruguayen, meilleur joueur du Mondial quatre ans plus tard, n’était pas loin de la vérité. Villarreal aurait certainement mérité de l’emporter largement face aux Gunners de Thierry Henry, submergés par les assauts du submersible. « Nous étions très fatigués, nous avions beaucoup couru derrière le ballon. Si ce penalty avait été marqué, nous étions morts ! », assure Robert Pirès, ex-joueur d’Arsenal et… de Villarreal, qu’il rejoindra la saison suivante. Ce penalty, c’est celui concédé par Gaël Clichy en tout de fin de match dans un duel musclé avec José Mari. Une 88e minute inoubliable, malheureusement, pour tous les aficionados du sous-marin. « Je ne l’ai jamais revu. Je l’ai toujours gardé en moi », raconte Juan Roman Riquelme, héros infortuné d’un parcours épique, tant apprécié par des coéquipiers qui avaient foi en lui. « Le penalty n’a pas été manqué par Roman, mais par nous tous », nuance joliment Josico. « Je rappelle surtout aux gens que ce n’est pas lui qui a raté, mais que c’est Jens Lehmann qui a réalisé un grand arrêt », ajoute Pirès.

L’échec du génie argentin est d’autant plus dramatique qu’il a peut-être privé celui-ci d’une carrière bien mieux valorisée sur le continent européen. Un numéro 10 comme il n’en existe plus aujourd’hui, un Zinedine Zidane sud-américain qui n’aura jamais décroché les trophées qu’il aurait mérités. « Jouer au football m’a toujours diverti, cela ne m’a jamais amené du stress », explique Riquelme, écartant ainsi la thèse d’un pied vacillant lors de ce fameux Villarreal-Arsenal. « No stress » étant finalement ce qui caractérisait un véritable métronome, peut-être pas assez dévoué à l’accomplissement total d’une carrière inachevée.

Villarreal ne disputera donc pas la finale à Paris quelques semaines plus tard, face au FC Barcelone de Frank Rijkaard, vainqueur contre Arsenal (2-1) après des buts de Samuel Eto’o et Juliano Belletti. « Lorsque nous avions joué contre Lille au Stade de France, lors de la phase de groupe, Manuel Pellegrini nous avait dit que nous y reviendrons », se souvient Diego Forlan. « J’ai pensé qu’il était fou. Au final, il n’était pas loin d’avoir raison. » Le 28 mai prochain, le finale de la Ligue des champions devait avoir lieu à Saint-Pétersbourg. Suis au conflit russo-ukrainien, elle se tiendra finalement à Paris. Au Stade de France.

Téléchargez notre nouvelle appli Sudinfo

Téléchargez notre nouvelle appli Sudinfo

Tout le foot amateur et chez les jeunes

Aussi en Champion's League