Mouscron donne 60.000€, 1 € par habitant, à Verviers suite aux inondations

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60.000 €, soit grosso modo 1 € par habitant. C’est le gros don qui résulte de la solidarité des Mouscronnois envers les Verviétois victimes des inondations de juillet.

Mouscron est une ville de l’importance de Verviers (58.000 habitants contre 55.000), mais située à l’autre extrémité du pays. Cet éloignement n’a pas empêché la Cité des Hurlus de se sentir proche des Verviétois victimes des crues et de les aider depuis six mois. Avec notamment la remise d’un chèque de 60.000 € ce vendredi.

« Des larmes aux yeux »

« C’est presque à vous donner des larmes aux yeux », a déclaré Muriel Targnion. D’autres communes, wallonnes et flamandes, avaient aussi donné de sérieux coups de pouce à sa ville. Mais c’est à Mouscron que l’élan de générosité aura été le plus fort et durable.

« Lors d’une conférence des bourgmestres de Wallonie picarde, il a été proposé que chacun parraine une commune. Notre choix s’est porté sur Verviers », a commenté la bourgmestre mouscronnoise, Brigitte Aubert.

Dès le 15 juillet, la zone de secours Wallonie picarde envoyait douze pompiers à Verviers. Ils y resteront une dizaine de jours.

L’eau ayant baissé, place aux dons. Deux premiers camions débarquent le 22 juillet, bien remplis. La veille, des policiers mouscronnois étaient déjà venus prêter main-forte à leurs collègues verviétois. Un bus amenant 50 volontaires participera ensuite au nettoyage de bâtiments. « En une demi-journée, se souvient l’échevin des Affaires sociales, Didier Mispelaere, le bus était rempli de volontaires ». Ils ont nettoyé le C&A, la galerie et un night-shop voisins.

Le 27 juillet, un camion chargé de dons revenait à Verviers. La bourgmestre elle-même sera d’un autre voyage, en août. Le club de foot, l’Excelsior, a aussi fait preuve de solidarité et le Foodtruck du service social communal a fait plusieurs voyages pour livrer des repas aux Verviétois.

Aux dons véhiculés par les Mouscronnois sont venus s’ajouter ceux provenant de villes françaises, telles que Beuvry-la-Forêt et Halluin.

Des besoins particuliers

Et ce vendredi, il y a encore eu ce chèque de 60.000 €, s’ajoutant aux 140.000 € déjà versés par d’autres entités belges ainsi qu’au million provenant de la Croix-Rouge, qui a été utilisé pour payer des frigos, des machines à laver, des déshumidificateurs, des appareils de chauffage.

Les dons des communes, eux, viseront des besoins très spécifiques, à déterminer. Par exemple, ceux d’une dame handicapée du quartier de Verviers-Est qui a dû quitter sa maison présumée inhabitable, en raison de glissements de terrain, qui se sont reproduits fin 2021. Pour déterminer si on peut sauver sa demeure, une étude de sol, que la dame est incapable de financer, est indispensable. Ce à quoi pourrait servir une partie des 60.000 €. Chaque fois, souligne Muriel Targnion, on justifiera ce qui aura été fait, euro par euro.

« J’imagine la difficulté de cette crise pour la bourgmestre », commente Brigitte Aubert. En guise de remerciement, Muriel Targnion a offert à son homologue une tarte au riz, spécialité locale, et un livre illustrant les demeures historiques de la Ville, dont beaucoup ont été envahies par l’eau.

Il y a du jumelage belgo-belge dans l’air

La bourgmestre de Mouscron était accompagnée de l’échevin des Affaires sociales.
La bourgmestre de Mouscron était accompagnée de l’échevin des Affaires sociales. - Y.B.

« On se ressemble », a déclaré Brigitte Aubert, la bourgmestre de Mouscron, avant de remettre le chèque de 60.000 € à Verviers, pour ses sinistrés. Or, qui se ressemble s’assemble, dit le proverbe.

Pourrait-on dès lors y voir l’étincelle menant à un jumelage entre villes, ce qui semblerait être une première pour des entités wallonnes ? Quand on leur pose la question, les deux bourgmestres confient qu’elles y ont déjà songé.

« Pour Verviers, c’est oui », s’enthousiasme Muriel Targnion. Elle ajoute qu’en réalité, l’entraide dans la durée a déjà soudé les deux entités. Et « c’est le B.A.BA d’un jumelage que de s’entraider. Verviers serait partant. »

Brigitte Aubert se dit aussi « tout à fait d’accord. J’en ai déjà parlé avec mes partenaires au collège ». Elle ajoute qu’entre villes belges, les points de convergence pourraient d’ailleurs être plus faciles à trouver.

« On pourrait faire des échanges d’activités », confirme l’échevin des Affaires sociales, Didier Mispelaere. Les seniors d’une ville pourraient par exemple venir visiter l’autre. « C’était dans ma tête. Mais ce sont les bourgmestres qui doivent prendre l’initiative et elles s’entendent bien ». Dès lors, il conclut : « Je pense que ça devrait aller. »

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