Le CIO s’est entretenu avec Peng Shuai et défend son «approche humaine»

Reuters
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Le Comité international olympique (CIO) a annoncé jeudi s’être de nouveau entretenu mercredi avec la joueuse de tennis chinoise Peng Shuai, et a répondu jeudi aux accusations de complaisance avec la Chine en défendant son « approche humaine » de la situation.

« Nous partageons la même inquiétude que nombre d’autres personnes et organisations au sujet du bien-être et de la sécurité de Peng Shuai », mais « nous avons opté pour une approche très humaine et centrée sur la personne », plaide dans un communiqué l’instance olympique, qui n’a pas rendu public d’enregistrement ou d’image de cet entretien.

Si le patron de l’olympisme Thomas Bach avait obtenu il y a dix jours le premier contact d’un interlocuteur étranger avec la joueuse, c’est « une équipe du CIO » qui a conduit cette deuxième visioconférence « d’une demi-heure », pendant laquelle la joueuse « a semblé être en sécurité et aller bien, compte tenu de la situation difficile où elle se trouve ».

« Nous lui avons offert un soutien très large, nous resterons en contact régulier avec elle, et avons déjà fixé une rencontre personnelle en janvier » – envisagée lors du premier entretien avec Thomas Bach, précise l’organisation basée à Lausanne.

Une « diplomatie discrète »

Comme dans ses précédents communiqués sur le sujet, le CIO n’a fait aucune allusion aux accusations d’agression sexuelle formulées début novembre par Peng Shuai contre un ex-haut dirigeant chinois, n’a pas réclamé d’éclaircissement sur ce point ni de garantie sur la pleine liberté de mouvement de la joueuse.

Cette discrétion, largement perçue comme une volonté de ménager l’hôte des prochains Jeux d’hiver de Pékin (4-20 février 2022), contraste avec les virulentes prises de position de nombreuses stars du tennis et la décision annoncée mercredi par la WTA, qui gère le circuit féminin de tennis, de suspendre ses tournois en Chine.

« Il existe différentes façons d’assurer son bien-être et sa sécurité. Nous avons adopté une approche très humaine et centrée sur la personne pour aborder sa situation », se justifie le CIO, se défendant par ailleurs de contact direct avec le pouvoir chinois : « comme il s’agit d’une triple participante aux Jeux, le CIO aborde ces préoccupations directement avec les organisations sportives chinoises ».

« Nous avons recours à la ‘diplomatie discrète’ qui, compte tenu des circonstances et de l’expérience des gouvernements et d’autres organisations, est considérée comme le moyen le plus prometteur d’agir efficacement dans ce type d’affaires humanitaires », a plaidé l’organisation.

Peng Shuai, 35 ans, avait disparu quelques jours en novembre après avoir publié sur le réseau social chinois Weibo un long message dans lequel elle accusait l’ex-vice Premier ministre Zhang Gaoli, de 40 ans son aîné et retraité depuis, de l’avoir abusée sexuellement avant d’en faire sa maîtresse.

De nombreuses stars du tennis mondial, de Chris Evert à Novak Djokovic, et plusieurs pays occidentaux, notamment la France et les Etats-Unis, mais aussi l’Union européenne et l’ONU, ont demandé en termes diplomatiques à Pékin de faire la lumière sur le sort de Peng Shuai.

La jeune femme est réapparue le 21 novembre dans un restaurant de Pékin et lors d’un tournoi de tennis organisé dans la capitale chinoise, selon des vidéos publiées par des médias officiels. Elle s’est ensuite entretenue avec Thomas Bach.

La seule réaction officielle de Pékin à ce jour a été un appel lancé le 23 novembre par le porte-parole de la diplomatie chinoise, Zhao Lijian, à « cesser de délibérément monter en épingle cette question à des fins hostiles, et surtout d’en faire une question politique ».

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