Etterbeek se passe de la Région et aménage des pistes cyclables avenue de Tervueren

Etterbeek a déjà peint une piste cyclable.
Etterbeek a déjà peint une piste cyclable. - D.R.

Tout le monde s’accorde sur l’utilité d’une piste cyclable sur les 800 m de chaînon manquant avenue de Tervueren. Là où ça bloque, c’est la forme que prendra cet aménagement pour les vélos. Depuis deux ans, les discussions s’éternisent.

Lassée d’attendre, Etterbeek a décidé de bypasser la Région et de réaliser elle-même une piste cyclable entre Mérode et Montgomery, ont annoncé ce lundi nos collègues du Soir. Pour rappel, tout commence avec Pascal Smet (One.brussels), ministre de la Mobilité à l’époque, et sa piste cyclable bidirectionnelle de Mérode au square Léopold II.

L’estimant « irresponsable », Etterbeek a proposé un réaménagement global avec deux pistes cyclables unidirectionnelles. La ministre de la Mobilité Elke Van den Brandt (Groen) a approuvé le projet mais avec d’abord une piste bidirectionnelle pendant deux ans.

Une ordonnance de police

Le bourgmestre etterbeekois a accepté les aménagements temporaires mais depuis, le dossier était en stand-by. Vendredi, le collège a pris une ordonnance de police pour établir deux pistes unidirectionnelles en invoquant la sécurité des lieux. « J’ai décidé de remplacer la Région au vu de sa carence et de passer directement à la phase définitive », déclare Vincent De Wolf (MR).

Ce lundi, la piste vers la rue des Tongres a été peinte. « Les gens roulent déjà dessus. On espère tout terminer jeudi. Ce qui a mis 2 ans et demi à être fait, a déjà été fait aujourd’hui », se réjouit le libéral.

Mise au pied du mur, la ministre a rencontré le libéral ce lundi et a pris acte de la décision. Un p.-v. a été dressé et elle a pointé plusieurs améliorations indispensables à la sécurité de tous. «  La Région se laisse le droit de passer derrière. Un changement de sens est nécessaire pour empêcher un conflit avec le tram sur la latérale Nord. Il faut aussi agrandir la piste sur la latérale Sud », énonce son cabinet. Sur la forme, Elke Van den Brandt n’apprécie pas beaucoup cette manière de travailler. « On comprend l’impatience de Vincent De Wolf. C’est un chaînon manquant important. On voulait le faire le plus rapidement possible car on voit de plus en plus de cyclistes. Mais Woluwe-St-Pierre nous bloque et on ne voulait pas passer en force », poursuit le cabinet.

« Difficultés de dialogue »

Le bourgmestre de Woluwe-St-Pierre Benoît Cerhexe (cdH) y voit la preuve d’un malaise dans le dossier. « Cela témoigne de la difficulté des communes à être entendues par la Région au sujet de la mobilité alors qu’elles sont les mieux placées pour connaître la réalité de terrain et les problèmes des quartiers.  »

Woluwe-St-Pierre s’oppose « par tous les moyens » au projet de piste bidirectionnelle et a aussi proposé une alternative. « Dans la continuité d’Etterbeek, on demande une piste unidirectionnelle vers le parc de la Woluwe entre Montgomery et le square Léopold II. Dans l’autre sens, on veut une rue cyclable à circulation locale car le projet régional entraînerait la supression de toutes les places de stationnement indispensables pour les riverains et les commerçants », détaille le bourgmestre humaniste.

Benoît Cerexhe ne compte pas imiter le passage en force d’Etterbeek car il n’a reçu aucun signalement d’accident justifiant une ordonnance de police. Il espère que la Région validera les pistes unidirectionnelles car il « refuse d’engager des deniers communaux pour un projet qui est de la responsabilité de la Région ».

Du côté de Groen, on ne comprend pas l’opposition à la piste bidirectionnelle qui est intéressante pour les riverains. Mais on se dit ouvert à des pistes unidirectionnelles. « Le problème à Woluwe-St-Pierre est un peu différent car il n’y a pas de volonté de supprimer le stationnement en épi. Cela ne laisse pas la place pour une piste de 1 m. »

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