Inondations: l’administration wallonne chargée des barrages publie ses données

Inondations: l’administration wallonne chargée des barrages publie ses données

« Si le SPW MI intervient en matière de régulation des niveaux d’eau, les réponses aux questions liées à la gestion des crues de la mi-juillet sont toutefois éminemment complexes et dépassent la seule gestion des ouvrages hydrauliques », prévient l’administration wallonne. « Il est important de souligner que les données collectées par le SPW MI ne seront en effet qu’un élément parmi l’ensemble des facteurs et interactions qui devront méticuleusement être reconstitués lors de l’analyse des événements ».

Le SPW MI dit, de la sorte, jouer la carte de la transparence.

Voici les grandes lignes de son communiqué

Fonction du barrage : l’eau potable

La fonction première des barrages de la Vesdre et de la Gileppe est de constituer une réserve d’eau potable. Le volume total fourni à la SWDE est de 95 000 m³/jour pour alimenter plus de 400 000 personnes en Province de Liège. Un rôle de régulation des cours d’eau et ce, tant en période de crue que de sécheresse, peut être joué par ces barrages, complémentairement à la constitution de réserves en eau potable.

Volume d’eau dans les réserves des barrages avant la crue

> Barrage de la Gileppe : 18,15 millions m³ (capacité maximale théorique de 26,46 millions m³) ;

> Barrage de la Vesdre à Eupen : 19,13 millions m³ (capacité maximale théorique de 24,74 millions m³).

Lundi 12 juillet

Lundi 12 juillet, sur base des prévisions météorologiques, les barrages étaient en mesure d’absorber le volume d’eau attendu (pour rappel, un total de 50 à 100 mm sur l’est de la Belgique du mardi 13 au vendredi 16 juillet). Cette prévision est similaire à la crue du 8 et 9 juillet 2014 qui avait été totalement absorbée par le barrage d’Eupen qui avait une réserve comparable à celle de la mi-juillet 2021.

Volume d’eau maximum dans les réserves des barrages pendant la crue

> Barrage de la Gileppe : 25,95 millions m³. Ce barrage a pu absorber la crue de son bassin versant durant la période de fortes pluies qui ont touché la région.

> Barrage de la Vesdre : 24,74 millions m³. Ce barrage, quant à lui, a atteint sa capacité maximale le 14 juillet, en fin de soirée alors que 150 mm étaient déjà tombés sur le bassin versant du lac. Compte tenu de l’intensité exceptionnelle des précipitations entre 20 h et minuit (plus de 60 mm sur un sol déjà gorgé d’eau) et de l’obligation de garantir la sécurité de l’ouvrage, la restitution a donc dû être augmentée sans toutefois dépasser le débit maximum entrant dans le lac. Ce débit maximum entrant est estimé entre 230 et 260 m³/s tandis que le débit maximum restitué était de 193m³/s le 15 juillet vers 2h du matin. Le barrage n’a en aucun cas été vidé ; le niveau du lac a été maintenu proche de sa cote maximale au regard de ses paramètres de sécurité.

Le débit restitué par le barrage d’Eupen pendant la crue

En concertation avec les autorités de gestion de crise, il est décidé d’augmenter à partir du mercredi 14 juillet à 18h45 le débit sortant de 5m³/s toutes les 20 minutes jusqu’à atteindre un débit total sortant de 40 à 45m³/s. Ce débit sortant a pu être maintenu jusque 22h30, heure à partir de laquelle le débit entrant dans le lac passe en 60 minutes de 80-90 m³/s à 230-260 m³/s.

Volume d’eau emmagasiné par ces deux barrages pendant la crue

Ce volume correspond à 13,41 millions de m³, soit près de deux fois la capacité totale du lac de Robertville. Les deux barrages ont donc joué un rôle dans la retenue de volumes conséquents d’eau à l’amont de la Vesdre.

Durant la période de crue, le débit de la Vesdre à partir d’Eupen a été fortement influencé par l’écoulement naturel des bassins versants de la Helle et de la Soor et ce, même si ces cours d’eau sont partiellement déviés vers les barrages (via tunnels limités structurellement à 20 et 21 m³/s). La première estimation du pic de la Helle, dans son cours naturel à l’entrée d’Eupen, est de l’ordre de 170 m³/s.

Les affluents de la Vesdre : crue exceptionnelle

Entre Eupen et la confluence avec la Hoëgne à Pepinster, le débit d’autres affluents s’ajoutent au débit de la Vesdre en provenance de la Helle et du barrage (soit un total de l’ordre 400 m³/s). La Hoëgne elle-même connaît une crue exceptionnelle, également estimée aux alentours de 400 m³/s. À l’aval de Pepinster jusqu’à Chênée, le débit maximum est alors proche de 800 m³/s. Le dernier record enregistré à cet endroit était de 275 m³/s en septembre 1998.

Il reste encore de nombreuses données à collecter pour compléter les informations déjà disponibles. Les équipes du SPW MI mettent tout en œuvre pour que ces informations et éléments de contextualisation en lien avec les récents phénomènes hydrologiques extrêmes soient mis à la disposition des instances chargées de les analyser.

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