Patrimoine sidérurgique: ne pas garder pour mieux laisser pourrir

Patrimoine sidérurgique: ne pas garder pour mieux laisser pourrir

La signature du permis unique de démolition des sites sidérurgiques d’ArcelorMittal à Chertal et du haut fourneau B est une avancée majeure dans la requalification de ces friches industrielles. Des équipements à l’abandon depuis des années maintenant qu’il faut démonter avant de dépolluer ces terrains fortement touchés pour, in fine, y implanter de nouvelles activités. Tel est le défi majeur auquel sont confrontés aujourd’hui les pouvoirs publics. Ne nous leurrons pas : cela va prendre des années avant de voir une nouvelle entreprise s’installer sur ce que l’on appelle communément les « terrains en or d’Arcelor », notamment grâce à leur localisation stratégique.

Les feux sont au vert. Enfin. Que de temps perdu dans ce dossier où de nombreuses décisions ont été prises. Tout d’abord en mettant ces outils sous cocon durant un certain laps de temps « au cas où le marché reprendrait ». Folle utopie dont on savait pertinemment que ce ne serait jamais le cas. En attendant, tout processus de démantèlement était impossible. Aujourd’hui, on va donc démolir tout ce qui est « hors sol » à Chertal et au HFB, sauf les éléments patrimoniaux majeurs.

Le haut fourneau en lui-même sera préservé, de même que les wagons-thermos ou le château d’eau de Chertal. Fort bien. Ces éléments symbolisent notre région. Ce sont des témoins de notre passé, des marqueurs de notre territoire. Mais il convient d’oser émettre quelques réserves face à ces réjouissances multiples quant à ces conservations. Cela fait dix ans maintenant qu’ArcelorMittal a annoncé la fin de la phase à chaud en région liégeoise. La majorité du froid a suivi. Et depuis, un mouvement structuré s’est-il constitué pour monter un dossier solide au financement irréprochable pour la préservation de ces témoins de la sidérurgie passée ? La réponse est non. Il y a bien çà et là des interventions dans des conseils communaux, des appels, des cartes blanches, des interpellations.

Alors, garder pour mieux laisser pourrir, est-ce une solution ? Certainement pas. C’est pourquoi c’est le moment ou jamais de proposer un vrai projet pour mettre en valeur puis entretenir ce patrimoine de l’acier. En osant aborder la question qui fâche : qui va payer pour ça ? Faute de quoi, cela va continuer à pourrir. Et là, une démolition sera inéluctable.

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