Des sans-papiers encore présents en nombre à la Zone neutre

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La grève de la faim de quelque 430 personnes sans-papiers réclamant la définition de critères clairs de régularisation s’est terminée mercredi après-midi de la semaine dernière. Dès le lendemain matin, des gens qui demeurent de longue date en situation irrégulière sur le territoire ont afflué devant la zone neutre. Celle-ci a été ouverte par le secrétaire d’Etat en charge de l’Asile et de la Migration Sammy Mahdi (CD&V) en marge de la grève de la faim dans une volonté d’ouvrir un dialogue avec les grévistes. Il a proposé de réexaminer individuellement leurs dossiers sur base des dispositions légales existantes.

Les grévistes ont dans un premier temps refusé cette main tendue. Certains sans-papiers non grévistes ont profité de la disponibilité des agents de la zone neutre, durant ce temps de latence, pour aller s’informer. Dès jeudi matin, la police a encadré la foule constituée de personnes sans-papiers venues de tout le pays.

Vendredi matin, les services liés à cet espace de dialogue ont fait savoir que le lieu n’était plus accessible qu’aux seuls grévistes de la faim. Dominique Ernould estime que le message devrait mettre quelques jours à passer. «Beaucoup de gens pensent que c’est une opération de régularisation collective, ce qui n’est pas du tout le cas», a expliqué la porte-parole de l’Office des Étrangers. «Les personnes sans-papiers qui ne sont pas des grévistes doivent suivre la procédure normale en introduisant leurs demandes via leurs communes. Les procédures existantes fonctionnent. Beaucoup ont obtenu une réponse négative il y a plusieurs années, mais rien ne les empêche de réintroduire une demande via leurs communes avec de nouveaux éléments et des arguments renforcés. On estime à plus de 100.000 le nombre de personnes sans-papiers en Belgique et il est impossible de tous les recevoir à la Zone neutre. Ce serait ingérable».

Depuis 2018, la moitié des demandes de régularisation finalisées ont débouché sur une réponse positive. En 2020, il y a eu près de 1.850 décisions positives qui ont permis la régularisation d’environ 3.500 personnes, un dossier pouvant rassembler plusieurs personnes. En comparaison, de 2014 à 2016, environ mille personnes par an ont été régularisées, avec un taux de positivité des décisions oscillant de 10 à 20%. Le nombre de régularisations est monté à près de 1.450 en 2017 (4.500 dossiers entrés et finalisés), puis à 2.300 en 2018 (plus de 2.500 demandes abouties) et à un peu plus de 3.300 en 2019 (près de 3.000 demandes). En 2020, ce sont les personnes de nationalité marocaine qui ont été les plus déboutées, suivies par celles originaires d’Arménie et d’Albanie puis par les Congolais.

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