Grève chez Shur-Lok International: «la direction se moque de ses travailleurs!»

Une précédente action syndicale concernant Shur-Lok.
Une précédente action syndicale concernant Shur-Lok. - D.R.

« Le climat est de plus en plus tendu chez Shur-Lok International à Petit-Rechain : les travailleurs se sentent humiliés par l’indécence des montants proposés par la direction dans le cadre du volet social » : voilà l’entame du communiqué de presse envoyé ce mercredi par les syndicats CSC et FGTB, concernant cette entreprise située dans le zoning de Chaineux/Petit-Rechain et qui est spécialisée dans la fabrication de fixations métalliques pour l’aéronautique. Le titre dudit communiqué est sans équivoque : « Shur-Lok International se moque de ses travailleurs ! En réaction, le personnel est à l’arrêt complet ».

À la fin de l’été dernier, l’entreprise annonçait vouloir se séparer d’environ un tiers de son effectif, soit un total de 33 personnes. Finalement, suite à la négociation avec les représentants du personnel, ce nombre était ramené à 15 personnes, 18 emplois avaient pu être sauvés. Une bonne nouvelle, mais la situation est à nouveau tendue depuis le 16 juin dernier.

Ce jour-là, un bureau de conciliation avait lieu pour tenter de débloquer la situation, les syndicats estimant que les indemnités de départ proposées par la direction étaient beaucoup trop faibles. « L’entreprise, qui se porte bien et engrange de plantureux bénéfices, veut licencier du personnel, et, sans trop délier les cordons de la bourse ! Malgré de longues et nombreuses négociations, la direction refuse d’indemniser correctement les travailleurs dont elle souhaite se séparer ; des travailleurs qui, faut-il quand même le rappeler, lui ont permis de maintenir les voyants au vert même au plus fort de la crise sanitaire. Pourtant ce qu’elle met actuellement sur la table est inférieur à ce qu’ont proposé certaines entreprises au bord de la faillite », dénoncent les syndicats.

Ce bureau de conciliation n’a rien donné.

La direction ne paie pas des heures prestées

« Profondément déçus par l’absence totale de reconnaissance d’une entreprise pour laquelle ils mouillent leur maillot, les travailleurs ont décidé d’observer, dès le lendemain, trois heures d’arrêt de travail chaque jour. La réponse de Shur-Lok ? Le non-paiement des heures prestées ces jours-là ! Une annonce qui a encore attisé la colère du personnel. », poursuivent la FGTB et la CSC.

Depuis ce mardi 22 juin, le personnel s’est donc mis en arrêt complet.

Les syndicats ne comprennent pas cette position de la direction, parce que selon eux l’entreprise Shur-Lok International de Petit-Rechain affiche des résultats positifs depuis plusieurs années, y compris en 2020.

Ils dénoncent aussi des manquements de la direction lors des négociations survenues dans le cadre de la procédure Renault : le SPF Emploi a dû intervenir, une série de chiffres étaient erronés…

« Le nombre de licenciements annoncés a pu être réduit de moitié : on est passé de 33 à 15 emplois menacés. Cependant, dès l’ouverture des débats sur le volet social, Shur-Lok a fait preuve d’un irrespect envers ses travailleurs, un irrespect d’autant plus scandaleux en regard des dividendes versés chaque année aux actionnaires ! », lancent aussi les syndicats.

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